On le devine depuis des mois, on le voit aujourd’hui, on l’anticipe aisément pour la suite, c’est autour de l’opposition au sortant que se construit la campagne de 2012. C’est par rapport à Nicolas Sarkozy que chaque candidat des Primaires socialistes, que François Bayrou, que Marine le Pen, pour ne citer qu’eux orientent structurent leur combat électoral et leur positionnement.
Au-delà de la personnalité du Président et des clivages qu’il suscite, au-delà de la défiance à l’égard de la parole politique aggravé par le décalage entre les promesses de 2007 et le vécu du quinquennat, il y a une raison essentielle,qui tient à la configuration politique, que l’on n’a pas encore suffisamment mis en avant pour expliquer ce constat :
C’est la première fois depuis 1981, que le sortant qui gouverne va se représenter.
Je m’explique. C’est la première fois depuis 30 ans que le président sortant, s’engagera dans la campagne électorale pour sa réélection, alors qu’il dispose au moment de la campagne d’une majorité parlementaire lui permettant de gouverner pleinement.
Il y a eu en fait deux configurations politiques différentes dans les 4 scrutins présidentielles que nous avons vécu depuis 1981.
- Soit le sortant ne se représentait pas : c’est le cas avec François Mitterrand en 1995 et Jacques Chirac en 2007.
- Soit le sortant se représentait, mais il faisait campagne alors qu’il ne "gouvernait" pas puisqu’on était en cohabitation. C’est le cas avec François Mitterrand en 1988 (1er gouvernement Chirac 86-88) puis avec Jacques Chirac lui-même (gouvernement Jospin 1997-2002). Et si on se souvient de ces deux dernières campagnes, on voit bien que la mécanique était très différente. Bien sur il y avait des attaques contre Mitterrand en 88 ou Chirac en 2002 mais ce n’est pas l’opposition au sortant qui structurait le débat électoral, puisque le sortant échappait en grande partie, grâce à la cohabitation, au mistigri du bilan.
Pour cette simple raison de configuration politique, la campagne de 2012 sera très différente de celle de 2007 qui était une campagne positive. (http://bensan.typepad.com/ben/2011/09/journal-de-campgne-8-nostalgie-dune-belle-campagne.html ).Pour cette simple raison, la campagne de 2012 ressemblera à celle de 1981, en focalisant autour du sortant, de sa personnalité, de son bilan, la campagne électorale. Pour cette raison comme en 1981 la campagne sera négative, enchainant successivement attaques et affaires.
Pas besoin d’être fin analyste pour comprendre que cette seule raison aussi suffit à rendre difficile la campagne et la réélection du Président sortant.
Bernard SANANES
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