C’était la présidentielle de 2007. L’abstention avait fortement marqué le pas. Les extrêmes avaient reculé. Signes d’un vote d’adhésion plutôt que d’un vote de défiance, le candidat arrivé en tête du premier tour dépassait les 30 %, et les deux candidats arrivés en tête avaient largement dépassé à eux deux le score de 50 % au premier tour, alors qu’en 2002 les finalistes ne réunissaient ensemble au soir du 21 Avril que moins de 40 %. La démocratie sortait victorieuse. Grace à quoi ?
Grâce à une longue, belle et ,vraie campagne. C'est vrai, les circonstances étaient réunies. Pas de cohabitation. Pas de sortant. Et surtout un renouvellement de l’offre politique avec deux finalistes qui ne s’étaient jamais présenté devant les français pour une présidentielle. Des débats de qualité, des débats de fond. Des propositions concrètes. Le tout dans une campagne largement mieux couverte par les médias qu’en 2002 et marquée aussi par l’irruption d’Internet.
Bien sur le mérite premier de cette campagne réussie revenait à Nicolas Sarkozy. Candidat naturel depuis plusieurs années, la cohérence de son programme, la créativité de ses propositions, la transgression de certains clivages, avaient fait de cette campagne sa campagne. Mais franchement Ségolène Royal et François Bayrou n’avaient pas à non plus rougir non plus de cette période, qui malgré leurs faiblesses respectives, les avaient conduit tout près du brevet d’Homme d’Etat.
C’était en 2007. C’était une belle campagne, positive. Cinq années plus tard, la pré-campagne ne ressemble rien à l’enthousiasme de 2007. Bien sur,il est encore tôt et beaucoup de candidats ne sont pas encore déclarés officiellement.Bien sur, la crise, la dette, l’impératif de rigueur pèseront et c’est normal sur le climat de la campagne. Mais au-delà plusieurs signes s’agrègent pour faire craindre un rendez-vous manqué. La primaire PS ne parvient pas pour l’instant à faire émerger de réelles différences de fond alors qu’en 2006, même si l’issue s’était dessinée très vite, de vrais clivages étaient apparus entre les positionnements des candidats. A droite, on ne sent pas encore le souffle programmatique comme le montre le chassé-croisé sur le projet proposé par Bruno Le Maire. Autre signe, 2007 on l’a oublié, n’avait finalement connu que très peu de boules puantes, alors qu’on l’a encore vu cette semaine, 2012 nous promet d’être aussi haut dans le hit parade des coups tordus que la campagne de 1981 (pour ceux qui l’ont connu).
Voilà pourquoi alors que la campagne n’a pas vraiment commencé, je me sens déjà, comme d’autres sans doute, nostalgique de la belle campagne de 2007. Mais il n’est pas encore trop tard pour espérer.
Bernard SANANES
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