C’est paradoxal : Depuis la mise hors-jeu de DSK, la campagne de François Hollande peine à trouver un second souffle. Privé de son « différenciant » principal, le député-maire de Tulle n’est pas encore parvenu à transformer une campagne de challenger une campagne de favori. Face à lui, Martine Aubry , bénéficie d’abord du temps médiatique, le même que celui connu par Hollande dans les deux mois précédents. Des quotidiens aux magazines, c’est le maire de Lille qui constitue la « nouveauté » et concentre donc l’attention des médias. Résultats les sondages de la semaine et celui de CSA pour BFMTV/RMC/20 Minutes, http://bit.ly/k10IeE , mettent en exergue la progression de Martine Aubry.Elle dispose cependant d’un handicap, qui demeure: elle est jugée y compris à gauche, comme moins capable de battre Nicolas Sarkozy. Or, on le sait c’est un déterminant majeur dans le vote aux primaires. Les militants, comme les sympathisants, veulent désigner leur « champion », celui qui sera capable de l'emporter le jour du vrai match. L’entrée en campagne d’Aubry lui permettra t-elle de compenser son retard sur cet item, c’est l’enjeu essentiel de la séquence qui s’ouvre cette semaine.
Mais, si elle réussissait à rattraper son retard de "présidentialité", c’est ensuite dans la participation qu’il faudra chercher l’issue du vote des primaires socialistes. On le mesure nettement dans la vague 6 de la « Course 2012 », sondage CSA pour BFMTV/RMC/20 Minutes, l’avance d’Hollande, est toujours plus forte quand on interroge les seuls sympathisants socialistes, alors que Martine Aubry fait ses meilleurs scores quand on interroge la globalité de ceux qui disent qu’ils iront « certainement ou probablement » voter. Une raison à cela, les électeurs de gauche, non sympathisants PS, proches par exemple de la gauche de la gauche, ou des écologistes, et se disant intéressés par les primaires sont plus favorables à Aubry qu’à Hollande. Si le PS parvient à élargir le nombre des votants aux primaires, à faire voter au-delà du premier cercle des sympathisants socialistes, le scrutin pourrait donc être plus favorable à Aubry. On comprend dès lors, que derrière les différences sur les objectifs, 1 million de votants pour les uns, 4 millions pour les autres, se cache une des clés essentielles de la campagne des primaires.
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