Présidentielles : Sondages mouvants ou opinion incertaine?
Cela me fait toujours sourire quand les politiques, qui les compulsent frénétiquement, ou les medias, qui les commandent quotidiennement, font le procès des sondages. Comprenons nous bien.Tout ce que font les sondeurs ne me semble pas toujours très raisonnable. Ainsi, sortir un Bayrou à 17% au premier tour et tester un second tour avec Bayrou est un peu limite quand même ! Mais malgré çà, quel procès facile ! Comme si les médias ne voulaient pas reconnaître aussi qu'ils encensaient parfois ce qu'ils avaient brulé quelques jours avant, ressucitant Ségolène après l'avoir enterré, découvrant Bayrou après l'avoir snobé, banalisant Sarko après l'avoir sur exposé. Comme si les sondages devenaient le bouc émissaire facile parce qu'évidemment il n'est pas de bon ton de critiquer les fluctuations de l'opinion !
Car dans le moment de grande volatilité que nous traversons, ce ne sont pas les sondeurs qui changent leurs chiffres (même s'ils les redressent bien sûr) , c'est l'opinion qui hésite, doute, revient sur un premier choix, parfois même sur un deuxième. Aucun phénomène de cristallisation n'a encore eu lieu et cette semaine plus que jamais, je ressens très fortement, une volatilité immense, et des hésitations profondes. Sarkozy toujours ancré solidement mais qui lasse et se tasse, Royal lundi hors système et vendredi aux mains des élephants ce qui peut être pour son électorat potentiellement rassurant ou franchement décevant , Bayrou séduisant mais dont le programme ne convainc encore qu'à moitié,Le Pen dangereusement discret, bref cette semaine est étrange.
L' électeur écoute, regarde, observe, compare. Il n'a pas encore fait son choix et les oscillations risquent d'être encore nombreuses. Ceux qui pensaient que février serait décisif se sont trompés.En fevrier, il y a eu des inversions de tendances, des nouvelles dynamiques.Il y en aura aussi en mars,et jusqu'au dernier jour d'avril. Dans cette campagne atypique et indécise jusqu'au bout sans doute, prenons les sondages pour ce qu'ils sont, un instrument pour mesurer les évolutions de l'opinion. Un instrument indispensable évidemment. Mais qui ne remplace pas la magie du vote, pas plus qu'il ne l'influence.
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