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Dans la dernière édition de la Course 2012, sondage CSA pour BFMTV/RMC/20Minutes, nous avons testé l’idée de l’Union Nationale récemment remise sur le devant de la scène par François Bayrou (qui progresse de 4% à 11 %) comme par Dominique de Villepin. Plutôt que de poser la question de manière trop caricaturale, (êtes-vous pour ou contre cette idée), nous avons proposé aux personnes interrogées un vrai choix :
« Dans le contexte actuel de crise, quelle serait selon vous la formule de gouvernement la plus efficace après la prochaine élection présidentielle?
-Un gouvernement d’Union Nationale regroupant des personnalités de gauche de droite et du centre, -un gouvernement reposant sur une majorité claire de gauche de droite ou du centre ? »
55 % des personnes interrogées se sont prononcés pour l’idée de l’Union nationale contre 37 % pour « la majorité claire ».*
Il faut analyser cette réponse au regard d’autres résultats inclues dans cette étude.62 % jugent inefficace le dernier sommet européen, 65% considèrent que la gauche comme la droite sont responsables de l’état de la dette. Une forte proportion de français (entre 20 et 30 % en fonction des items proposés) n’ont confiance dans aucune des personnalités testées pour résoudre les différents problèmes du pays. Et puis, et il faudra le vérifier dans les mois à venir, pour la première fois depuis Juin ce que l’on pourrait appeler « l’indice de bipolarisation», le score cumulé des deux candidats principaux au 1er tour recule. De 50 % en Juin (Hollande 27/Sarkozy 23), il avait progressé passant de 53% en aout à 61 % en Novembre après les primaires. Ce mois-ci il s’affiche en retrait à 58 % (Hollande 32/Sarkozy 26)
Ces différents éléments mis bout à bout peuvent d’abord laisser penser qu’après une pré-campagne marquée par les primaires et la stratégie de représidentialisation de Nicolas Sarkozy, l’électorat séduit très vite par l’affiche du second tour, commence à s’intéresser davantage à l’offre électorale du 1er tour (phénomène qui s’accentuera lorsque la règle de l’égalité des temps de paroles va s’appliquer). Ils peuvent se lire aussi au regard de la dureté de la crise : le sentiment que face à une situation dont ils mesurent la gravité, ni le volontarisme seul, ni l’alternance seule ne leur parait capable de sortir le pays de la situation dans laquelle il est.
On me demande souvent "alors vous pensez que cela va évoluer comment ?" "Tes prévisions ?" Qui peut se risquer aujourd’hui à faire de la prédiction ? D’autant qu’au-delà des intentions de vote, un autre affrontement me parait décisif : Celui qui va opposer dans l’esprit des français le besoin de crédibilité face à la crise, et le désir d’alternatives (qui n’est pas à mon avis la même chose que l’alternance) pour sortir de la crise. Dans le premier cas, les deux candidats perçus comme les plus crédibles Nicolas Sakozy / François Hollande feront la course en tête, et profiteront au maximum de la bipolarisation. Dans le deuxième cas, les offres alternatives, celle qui veut sortir du système (Marine Le Pen) et/ou celle qui veut rassembler le système (François Bayrou) consolideront leur espace.
Et si finalement ce match là, entre besoin de crédibilité et désir d’alternatives n’était pas joué d’avance ?
Bernard SANANES
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C était prévisible. La sortie de la séquence « Primaires » se fait difficilement pour les ténors socialistes. C’est un des enseignements du baromètre Csa/Les Echos publié jeudi. L’image de Martine Aubry baisse de 8 points, celle d’Arnaud Montebourg de 12, et celle de François Hollande se dégrade de 5.
A cela plusieurs raisons : D’abord les conséquences de la couverture média. C’est un effet Csa (l’autre ).En imposant aux chaines de rééquilibrer le retard de temps de parole au profit de la majorité, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel rend depuis quinze jours les personnalités socialistes nettement moins présentes et donc forcément moins audibles. Or comme le rappelle souvent Jérôme Sainte Marie, Dga de CSA, tant que l’on est en pré-campagne et qu’un certain nombre d’électeurs n’ont pas arrêté leur choix, ceux-ci sont plus sensibles à l’actualité immédiate et à la présence média. D’où également des amplitudes plus fortes dans les mouvements d’opinion, qu’il s’agisse d’image ou d’intentions de vote.
La deuxième raison est liée au calendrier, favorable à l’exécutif. L’actualité internationale avec la crise grecque et le G20 donne l’occasion à Nicolas Sarkozy d’incarner à nouveau sa marque de fabrique : le volontarisme. Elle lui permet surtout , dans une séquence de com parfaitement menée, d’installer le match de la comparaison sur le terrain qui lui est le plus favorable pour l’instant, celui de la crédibilité. D’où cette progression forte de la cote de confiance du Président de la République dans ce même baromètre +8 points et donc un effet de balancier défavorable à la gauche.
Ces deux raisons, couverture média rééquilibré et calendrier international favorable à l’exécutif, s’entremêlent aussi avec la difficulté de tenir un rythme élevé après deux mois de campagne des primaires. Dès la semaine dernière, dans le journal de campagne 13 on pointait ici l’erreur de communication Hollandaise (http://bit.ly/twGH3n ). Au final, il y a incontestablement pour les leaders socialistes un « Primaires Blues », un moment fort et heureux difficile à dépasser quand il faut sortir de la bulle, revenir à la réalité et commencer une nouvelle vie. Rien de définitif car la campagne est encore longue et l’impopularité de l’exécutif toujours très forte, mais de quoi redonner un peu d’espoir pour ne pas dire une légère euphorie au camp sarkozyste.
Bernard SANANES
Voir le sondage dans son integralite : http://www.csa.eu/multimedia/data/sondages/data2011/opi20111108-l-observatoire-politique-csa-les-echos.pdf
La vidéo pour le site des Echos.fr : http://bit.ly/vEfiIO
Rédigé à 08:14 dans Actualité, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
François Hollande l’avait promis, il allait s’astreindre après sa désignation comme candidat socialiste à la diète médiatique. Son entourage avait expliqué avoir observé les erreurs de la campagne de Ségolène et que celle-ci avait mal géré la séquence post primaires en novembre et décembre 2006 et que sa surexposition avait affaibli son entrée officielle en campagne en janvier.
Ce choix tactique semblait s’imposer. Mais sous la contrainte des évènements internationaux, Hollande a rompu plusieurs reprises sa promesse de « diète médiatique ». A t-il bien fait ? Sans doute pas. Son intervention au 20h du 28 Octobre au lendemain de l’intervention télévisée de Nicolas Sarkozy n’a pas apporté grand-chose de nouveau par rapport à son discours d'investiture, elle a d’ailleurs été peu reprise.Mais surtout ses deux réactions pendant l’aller retour grec sur le référendum et durant le G20 l’ont fait tomber dans le piège tendu par la communication sarkozyste : celui de la comparaison. D’un côté un président jouant dans la cour des grands aux cotés d’Obama et autres dirigeants, de l’autre un Hollande seul. D’un coté des images très institutionnelles plutôt réussies, de l’autre quelques secondes sur fond de salle des fêtes à Brive insérées dans des 20h . Sur la posture enfin d’un côté un Président laissant à nouveau entrevoir sa marque : le volontarisme et de l’autre un François Hollande hésitant visiblement entre la stratégie de l’offensive et la peur de briser un moment probablement attendu par l'opinion comme un bref moment de consensus.
La tactique qui vise à induire et installer la comparaison est on le devine un des piliers de la stratégie elyséenne pour espérer l’emporter en 2012. Elle est sans doute la seule qui puisse permettre au sortant de combler son retard. Hollande aurait gagné à attendre la fin de la séquence pour en tirer à froid , dans le cadre d’une prise de parole plus « institutionnelle » et à forte visibilité les enseignements. C’est étrange que les stratèges hollandais n’aient pas vu le piège qui leur était tendu et que le candidat auréolé de sa victoire aux primaires n’ait pas compris que sa première décision était la bonne : quand on se met à la diète, il faut s’y tenir !
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Je vous propose pour ce journal de campagne, l'interview réalisée cette semaine par l'excellent site Délits d'Opinion. http://www.delitsdopinion.com/
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Dimanche soir François Hollande est devenu le candidat officiel du Parti Socialiste. Bernard Sananès, Président de l’institut CSA revient pour Délits d’Opinion sur les enseignements de ce scrutin.
Délits d’Opinion : Quel bilan tirez-vous de ces primaires socialistes ?
Bernard Sananès : « Ces primaires, les premières du genre, sont incontestablement un succès pour la gauche et le Parti Socialiste. Elles le sont, tout d’abord, de par la participation importante et croissante enregistrée lors des deux tours. De plus, elles ont démontré la capacité du PS à organiser une élection dans un climat apaisé et propice au débat d’idées. En effet, et malgré les escarmouches des derniers jours, les quelques semaines de campagne ont confirmé l’idée selon laquelle le rassemblement était possible et qu’il se ferait. En un mot, les primaires de 2011 sont parvenues à faire oublier le Congrès de Reims organisé par le PS en 2008 ».
Délits d’Opinion : Qui sont les vainqueurs de cette primaire ?
Bernard Sananès : « Au-delà du candidat désigné dimanche soir, il y a eu deux autres vainqueurs lors de cette primaire. Tout d’abord celui du 1er tour, Arnaud Montebourg fort de ses 17% et troisième homme inattendu. Puis, l’entre deux-tours a redonné à Ségolène Royal une véritable capacité d’action. En apportant son soutien à François Hollande à un moment crucial, elle s’est avérée décisive, mais surtout elle lui a permis d’apparaitre comme un candidat de gauche au sens large et pas seulement celui de la gauche réformiste. Ces deux leaders joueront un rôle déterminant dans la campagne car ils devront apporter à François Hollande les soutiens d’un électorat populaire qui pourrait déserter pour la gauche de la gauche ou même pour Marine Le Pen ».
Délits d’Opinion : La victoire de François Hollande aux dépens de Martine Aubry est-elle la victoire de la gauche sociale-démocrate sur la gauche dure?
Bernard Sananès : « Plus que la victoire d’un courant sur un autre c’est la confirmation qu’une primaire sert d’abord aux yeux de l’électorat à désigner celui qui pourra l’emporter le jour J. Cette primaire n’a pas échappé à la règle. Pour 47 % des électeurs de gauche François Hollande était le mieux à même de battre Nicolas Sarkozy contre 23 % pour Martine Aubry. Les oppositions et les éléments de différenciation entre François Hollande et Martine Aubry existaient mais la différence ne s’est pas faite là dessus. Le soutien non négligeable reçu par Hollande de la part des sympathisants d’Arnaud Montebourg et de Ségolène Royal lors du 2nd tour démontrent bien que ce n’est pas sur le champ idéologique que s’est fait le choix mais sur un critère pragmatique, la capacité à rassembler.
Délits d’Opinion : Comment réussir la synthèse pour François Hollande ? Peut-on s’attendre à un candidat qui impose ses idées ou qui s’ancre plus à gauche ?
Bernard Sananès : « Il est évident que le débat des primaires va compter pour le candidat Hollande. Le thème du protectionnisme et du rapport à la mondialisation va ainsi jouer un rôle croissant pour Hollande mais également pour les autres candidats. A ce sujet, la dernière étude réalisée par CSA met en lumière les inquiétudes suscitée par la mondialisation et le besoin de protectionnisme réclamé par nos concitoyens. Ce soutien aux thèses protectionnistes dépasse aujourd’hui le clivage droite/gauche et pourrait devenir un des axes structurants du débat pour 2012. François Hollande devra donc en tenir compte sans toutefois renier son approche de « réalisme » économique.
Enfin, en 2012, la campagne électorale se fera sous contrainte. Chaque promesse sera suspectée d’irréalisme par manque de moyens financiers. Le contexte économique va peser d‘un tel poids sur le scrutin qu’il faut s’attendre à des débats de choix, d’arbitrage, plutôt que sur des promesses. La dette et les déficits sont aujourd’hui des sujets clefs aux yeux des Français ce qui va limiter considérablement la liberté des candidats ainsi que leur marge de manœuvre lors des six mois de campagne.
Rédigé à 09:09 dans Actualité, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
On le devine depuis des mois, on le voit aujourd’hui, on l’anticipe aisément pour la suite, c’est autour de l’opposition au sortant que se construit la campagne de 2012. C’est par rapport à Nicolas Sarkozy que chaque candidat des Primaires socialistes, que François Bayrou, que Marine le Pen, pour ne citer qu’eux orientent structurent leur combat électoral et leur positionnement.
Au-delà de la personnalité du Président et des clivages qu’il suscite, au-delà de la défiance à l’égard de la parole politique aggravé par le décalage entre les promesses de 2007 et le vécu du quinquennat, il y a une raison essentielle,qui tient à la configuration politique, que l’on n’a pas encore suffisamment mis en avant pour expliquer ce constat :
C’est la première fois depuis 1981, que le sortant qui gouverne va se représenter.
Je m’explique. C’est la première fois depuis 30 ans que le président sortant, s’engagera dans la campagne électorale pour sa réélection, alors qu’il dispose au moment de la campagne d’une majorité parlementaire lui permettant de gouverner pleinement.
Il y a eu en fait deux configurations politiques différentes dans les 4 scrutins présidentielles que nous avons vécu depuis 1981.
- Soit le sortant ne se représentait pas : c’est le cas avec François Mitterrand en 1995 et Jacques Chirac en 2007.
- Soit le sortant se représentait, mais il faisait campagne alors qu’il ne "gouvernait" pas puisqu’on était en cohabitation. C’est le cas avec François Mitterrand en 1988 (1er gouvernement Chirac 86-88) puis avec Jacques Chirac lui-même (gouvernement Jospin 1997-2002). Et si on se souvient de ces deux dernières campagnes, on voit bien que la mécanique était très différente. Bien sur il y avait des attaques contre Mitterrand en 88 ou Chirac en 2002 mais ce n’est pas l’opposition au sortant qui structurait le débat électoral, puisque le sortant échappait en grande partie, grâce à la cohabitation, au mistigri du bilan.
Pour cette simple raison de configuration politique, la campagne de 2012 sera très différente de celle de 2007 qui était une campagne positive. (http://bensan.typepad.com/ben/2011/09/journal-de-campgne-8-nostalgie-dune-belle-campagne.html ).Pour cette simple raison, la campagne de 2012 ressemblera à celle de 1981, en focalisant autour du sortant, de sa personnalité, de son bilan, la campagne électorale. Pour cette raison comme en 1981 la campagne sera négative, enchainant successivement attaques et affaires.
Pas besoin d’être fin analyste pour comprendre que cette seule raison aussi suffit à rendre difficile la campagne et la réélection du Président sortant.
Bernard SANANES
Rédigé à 08:28 dans Actualité, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Rédigé à 11:31 dans Actualité, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Et pendant ce temps là, pendant que les affaires quelles qu'elles soient reprennent depuis trois semaines le pas sur l'actualité, pendant que tournent en boucle, pour des motifs bien sur différents qu'il ne s'agit pas d'amalgamer, les Clearstream, Bourgi, Guerini,Takeddine,et aussi pour d'autres motifs DSK, pendant ce temps là Marine Le Pen dans le dernier sondage CSA pour BFMTV/RMC/20 Minutes progresse de 3 points et retrouve le score de 18 % en intentions de vote.
Si ce post cette semaine est laconique, c'est simplement pour souligner ce point qui est curiseusement passé un peu inaperçu.
Rappelons que cette enquête consultable ici ( http://bit.ly/oEXBSa ) a été réalisée en tout début de semaine soit avant même les derniers rebondissements de l'affaire Karachi...
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Les primaires en route vers le succès ?
L’audience du premier débat des primaires socialistes me semble tout à la fois une bonne nouvelle pour notre vie démocratique et une pas très bonne nouvelle pour la majorité.
Bonne nouvelle pour notre démocratie. Dans un moment de crise, de défiance vis-à-vis de la politique, après l’abstention forte enregistrée lors des dernières élections locales, on pourrait craindre que les citoyens se désintéressent de l’élection présidentielle. Sur ce registre le débat tv était un premier test de popularité… de la campagne elle-même. Le fait que près de 5 millions de Français regardent une émission politique plutôt longue, pas toujours animée sauf sur la fin, est plutôt un signe positif. Souvent jugée moins crédible, la politique reste audible, il y a encore une attente du politique dans notre pays.
Cette bonne audience couplée à un débat plutôt de bonne tenue n’est pas forcément une bonne nouvelle pour la majorité. Depuis plusieurs mois une partie de celle-ci ne cesse d’attaquer la mécanique même des primaires. Pas sur que cette critique ne rencontre un écho dans l’opinion. Les derniers chiffres des différents Instituts dont CSA, peuvent laisser penser que le cap des 1 Millions de votants est potentiellement atteignable. Ce n’est pas forcément la campagne des primaires en elle-même qui suscite l’intérêt tant il apparait que les désaccords de fond sur les grands sujets (dette,emploi,pouvoir d’achat)ont du mal à se cristalliser, mais la primaire elle-même. D’abord dans cette configuration elle est incontestablement une nouveauté, et ensuite elle correspond au besoin de participation des citoyens,à leur envie d’être acteurs ,ce que nous mesurons tous les jours dans toutes les facettes de la vie quotidienne (consommation,internet etc).En revanche la majorité tape juste quand elle explique que le débat n'a pas permis d'expliciter les divergences entre les candidats sur les sujets économiques et sociaux essentiels.
Les stratégies du débat
Quelques mots à présent sur le débat et sur la stratégie des uns et des autres.
Nous avons vu d’un côté deux candidats qui menaient avec brio ce que les spécialistes du marketing appellent une stratégie de niche. Montebourg et Valls, l’un à la gauche de la gauche et l’autre à la droite de la gauche. Parce qu’ils ne cherchaient pas à parler à tous, parce qu’ils s’assumaient plus segmentants,leurs propos apparaissaient plus impactants. D’autre part l’accès à la cour des grands que constitue l’exposition médiatique d’une émission de prime-time et le fait qu’ils y apparaissaient tout à fait au niveau donnent le sentiment qu’ils sont les révélations du débat. Ces deux éléments pourraient leur profiter.
Hollande et Aubry menaient eux une stratégie de mainstream : Parler au courant central, au plus grand nombre, et donc ne pas prendre le risque de cliver. Mais cette stratégie se décline sur deux angles différents. Autour des valeurs de la gauche pour le maire de Lille, Autour de la capacité à être le meilleur opposant à Sarkozy pour le corrézien. Pour tenter de corriger son image qui accuse un déficit sur un point essentiel l’autorité, Hollande a pu parfois apparaitre un peu cassant voire arrogant. Pour tenter de rattraper son retard en termes de crédibilité, Martine Aubry a parfois pris le risque de faire dans le technique et dans la gestion. Aucun des deux n’a réussi jeudi me semble t-il à rendre son image plus chaleureuse et à renforcer son lien affectif avec l’opinion.Aucun des deux n'a réussi à installer sa différence.
Reste une surprise, Ségolène, incroyablement en retrait, comme si elle avait fait avant l’émission le pari d’un affrontement violent entre ses deux compétiteurs principaux dont elle aurait cherché à retirer les fruits en apparaissant sereine et rassembleuse. Or l’affrontement n’a été qu’escarmouche, et Ségolène n’a pas réussi à s’inviter dans le débat.
Au final, ce premier débat en donnant plus d’espace aux challengers Valls et Montebourg, en ne désignant pas de vainqueur entre les deux favoris pourrait conduire à resserrer les scores et donc à refocaliser les dernières semaines de campagne sur l’enjeu du second tour.
Bernard SANANES
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