Faire sortir de l'ombre la com politique
Depuis un mois, j'ai accepté successivement plusieurs sollicitations médias pour parler de la commnication politique(JDD, France 2, Canal ). Cela a pu surprendre, et apparaitre un peu en rupture avec ma stratégie personelle de discrétion.Je l'ai fait pour une raison et une seule. Essayer de trancher avec ce côté opaque, secret, de ce qui est devenu un vrai métier et contribuer à ce qu'il soit reconnu au grand jour.La com politique est une des nombreux territoires de notre métier,comme la com de crise ,ou la com des dirigeants d'entreprise.Elle fait appel à plusieurs expertises, le conseil d'abord et avant tout, mais aussi les relations presse, l'édition, l'approche publicitaire (pour les campagnes electorales par exemple) et nécessite de plus en plus la mise en place de stratégies digitales.Elle ne saurait se réduire, cliché rapide et facile, au média training. Elle ne saurait se cacher derrière ce mot de "gourou" que je déteste et que je réfute. Pour moi,travailler auprès d'un homme politique,c'est faire du ping-pong, tester, échanger. Quand on le fait depuis l'extérieur, l'enjeu essentiel est de réussir à prendre de l'avance pour permettre de sortir de "l'essoreuse" qu'est le rythme de la vie d'un homme politique et de ses équipes. Il faut aussi mettre en place de bons capteurs en phase avec la réalité de la société et savoir les placer au dessus de sa sensibilité personnelle. Bien évidemment, parce qu'un ministre prend plusieurs dizaines de décisions par jour, une fonction essentielle est d'aider à identifier, à hiérarchiser ce qui dans l'action de l'homme politique intéressera les médias et l'opinion, et à éclairer,expliquer,mettre en perspective, cette décision, c'est ce que l'on appelle le spin .
Mais quand on veut faire ce métier, il faut d'abord savoir écouter, et avoir une grande dose d'humilité.Sur dix idées amenées,le politique en reprendra parfois une ou deux et évidemment il les mettra à sa main, leur apportera son "input" personnel,son flair politique.Au final, c'est toujours lui et lui seul qui décide, parce que et c'est là l'essentiel, c'est à lui que les électeurs ont confié la légitimité pour le faire. Une fois que ces choses sont dites, une fois que le rôle des conseillers est bien défini (à ne pas confondre avec celui de porte-parole, je me suis déjà exprimé sur ce sujet http://bensan.typepad.com/ben/2008/02/les-conseillers.html), il n'y a pas de raison que l'on continue à entretenir mystère et nuage d'opacité sur la com politique. Ni gourou, ni visiteur du soir, j'aime trop ce métier pour le laisser dans le cliché et l'approximation, et j'essaie simplement par ces interventions de lui donner professionalisme et transparence.
Bernard SANANES
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